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Bloc-notes - 17 janvier 2005

Remplacement des silentblocs des tirants et de la barre Panhard.

Tentative - presque - réussie de remplacer les silentblocs du tirant arrière droit sans disposer d'une presse. Pourquoi se casser la tête alors qu'un "petit garagiste" est à 100 mètres, et a une presse ? Le DIY, et la volonté de s'entraîner à effectuer toute réparation sans aucune aide extérieure, pratiquement n'importe où et avec des moyens minimum.

La presse ne sera réalisée que plus tard après avoir obtenu les renseignements nécessaire pour gruger correctement du profilé IPN avant soudage.

Après entraînement sur un vieux tirant flambé pour extraire le silentbloc de liaison au pont, essai grandeur nature sur celui en place. Les tirants AR sont des éléments d'un modèle plus ancien, tubulaires de gros diamètre avec petit filetage. Il sont venus remplacer ceux d'origine, petit diamètre plein et gros filetage. Il existe en effet, selon les années trois versions de tirants arrières sur les Range Rover. Ceux des modèles les plus récents sont en acier rond, plein, et se flambent très facilement au moindre effort, par exemple en reculant contre un obstacle ou dans une ornière. Voir Tirants de pont arrière "renforcés" pour RR Classic et Disco.

Ensemble de silentblocs reçu de Grande Bretagne : tous les silentblocs de suspension avec leur visserie neuve, ainsi que les silentblocs des supports du moteur.

Concernant les silentblocs de liaison tirant / châssis, il y avait une incertitude... J'avais oublié de tenir compte des différentes versions lors de la commande. il aurait fallu approvisionner ceux des anciens RR. Ce sont ceux des nouveaux qui ont été commandés...

Quelques essais avec les vieux tirants (les fils de fer).

Une masse de 3 Kg avec un burin, un axe de différentiel en guise de chasse, une scie à métaux. Les silentblocs sont extraits sans réelle difficulté.

Dépose du tirant ARD. Il vaut mieux déposer d'abord le gros écrou de l'extrémité filetée tant que le tirant est en place et donc immobilisé en rotation. Le pétard n'est pas indispensable, mais tellement plus pratique !
Ensuite, desserrage de la liaison tirant / pont.

Enfin, dépose des 3 boulons fixant le silentbloc au châssis.

Le tirant peut alors être lui aussi déposé.

Le silentbloc de liaison tirant / pont est carbonisé au flambard. Ça pue, mais c'est rapide.

La bague est sciée. Cette photo a été prise lors de l'un des essais; le caoutchouc est en place, mais le principe est le même.

C'est plus facile après avoir brûlé le caoutchouc.

Une fois la bague extérieure fendue, Marcel Burin vient donner un coup de main.

Très vite, la douille est extraite (moins de 10 minutes entre le premier coup de scie et la sortie complète). Il faut scier droit. Et il n'y a pas besoin de tortiller du cul pour y arriver.

Le coup de scie a été donné à l'aplomb du tube, là où la matière est en plus grosse quantité, de façon à limiter le risque d'affaiblissement (on touche toujours un peu l'oeil dans ce genre de travail peu conforme aux règles de l'art).

Après avoir vérifié qu'il n'y a aucun risque d'endommager le silentbloc neuf, c'est à l'étau qu'il est mis en place. Non sans avoir enduit sa douille extérieure d'une couche de graisse cuivrée afin de faciliter :

  • la mise en place
  • un futur remplacement

Et au passage, merci Charles. La graisse que tu m'avais donnée l'an dernier (origine Peugeot) est vraiment impeccable. Il y en a aussi sur les écrous des collecteurs d'admission et surtout d'échappement et de turbo. Super produit en aérosol très pratique.

Pour la mise en place, l'effort à appliquer est assez important. D'une nature malingre et chétive, j'ai préféré utiliser un tube en guise de rallonge pour serrer l'étau. Ça rentre au poil.

Au préalable, pour limiter le risque de partir de travers, j'ai un peu accentué le chanfrein à l'aide du touret à meuler.

Ça y est presque. Plus que 5 millimètres. Ça commence à devenir dur.

Et paf !

L'étau pète !

Cette daube en acier chinois lâche d'un coup. Terminé ! Et inutile de gaspiller les baguettes fontes pour ça. Il avait déjà été ressoudé au niveau de sa base. Ça suffit : ferraille !

Naturellement, il est 17H30, et les magasins de fournitures industrielles sont fermés. La réalisation de la presse hydraulique quant à elle n'a pas encore commencé...

Manque de chance...

Rien à faire, les 3 derniers millimètres ne rentrent pas. Donc nouvel étau d'urgence...

Mais on ne peut pas être un looser tout le temps. Le truc qui suit est à la fois un coup de bol, et un truc d'enfer !

  1. tirant "moderne" : petit calibre ("fil de fer") et gros filetage
  2. son silentbloc, donc gros alésage
  3. le silentbloc neuf qu'il faut monter avec :
  4. le tirant ancien, gros calibre, et petit filetage,
  5. dont voici le vieux silentbloc à petit alésage
  6. le silentbloc tirant / châssis commun à ces deux tirants. la pièce du bas est la douille interne, qui correspond très précisément, en longueur, diamètre intérieur, et diamètre extérieur, à la douille d'adaptation nécessaire pour transformer un silentbloc tirant / châssis nouveau modèle en un ancien modèle :
  7. le silentbloc neuf, nouveau modèle, transformé en ancien modèle par insertion de la douille récupérée sur le silentbloc tirant / châssis !!!
Mise en place de la douille dans le silentbloc. Ça force un peu, juste ce qu'il faut. naturellement, ici, pas de graisse cuivrée. Modification définitive. On aurait pu placer un produit comme le Loctite Scellroulement.
Et voilà !

Elle est pas belle, la vie ???

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