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Bloc-notes - 24 octobre 2005

Installation et essai du combiné tour-fraiseuse Fartools TDM 400. Étau magnétique.

Vendredi 21 à midi, une surprise m'attendait dans le garage. La machine outil commandée le lundi 17 à 15 heures chez un revendeur local de pièces automobiles était arrivée moins de quatre jours plus tard.

Combiné tour / fraiseuse avec une table ad hoc et quelques outils de coupe à pastilles carbure interchangeables.
Plutôt difficile à déplacer. Il manquait un point d'élingage. Il a fallu se débrouiller.
Installation provisoire. Ça prend de la place dans les pauvres quatorze mètres carrés.
Premier test le lendemain. Outil de tronçonnage sur un tube d'acier.
Puis chariotage sur un morceau de guidon de moto en aluminium.
Dressage sur ce même morceau d'aluminium.
Je ne m'en lasse pas. Ici du brut d'aluminium (la barre pleine qui me sert pour les roulements).

Du coup reprise de la réalisation de l'étau magnétique. La pièce supportant l'électro-aimant et la poulie du Sanden est dressée au tour (faisable à la disqueuse).

Il s'agit du couvercle avant d'un compresseur Sanden.

Impeccable.
Cette pièce constituera la base du système. Elle sera fixée sur un socle en tôle d'acier de 5 ou 6 mm qui sera lui même boulonné sur le plateau de la perceuse.

La table de l'étau magnétique sera la poulie elle même. Quoi de plus tentant que de faire sauter les gorges de la poulie ?

En fait ce fut le début d'une galère. Cette poulie est constituée d'un acier très dur. Il aura raison de deux plaquettes carbure. En fait, dans la précipitation et l'excitation, je n'avais pas contrôlé la hauteur de l'outil de coupe : il était trop bas par rapport à l'axe de rotation !

Le dimanche sera consacré à une réorganisation du local, et à un examen attentif de la machine.

Reprise du travail ce lundi. Cette fois, grâce à quelques lardons placés sous l'outil, et après alignement par rapport à la pointe de la poupée mobile, les choses se passent beaucoup mieux. Mais l'acier est toujours aussi dur.

Essai de l'avance automatique : super.

Par contre, très importantes vibrations à des fréquences aigues, très désagréables : la poulie, creuse, se comporte comme une cloche. Le niveau sonore est insoutenable et impose le port d'un casque antibruit. La tonalité est la même que celle obtenue en frappant la poulie pour la faire sonner.

Chanfreins...

Les plus observateurs auront remarqué la suppression du carter de protection de la vis mère : on l'aperçoit, nue comme un ver. Plus facile à nettoyer.

Les perruques s'accumulent. Le moteur en reçoit pas mal. Il faudra voir ça de plus près, et réaliser une protection.

La pièce est terminée. En examinant de très près les traces d'usinage, on remarque de minuscules ondulations en lumière rasante. Elles sont très probablement la conséquence de la résonance de la pièce lors du tournage. Il serait peut être intéressant de mettre en relation la périodicité des ondulations (visibles en lumière rasante uniquement), la vitesse circonférentielle, la fréquence sonore, et ses harmoniques.
Mise en place à blanc, sur une plaque d'acier, du support, de l'électroaimant, et de la table (poulie débarrassée de ses gorges).
Au centre de la poulie se trouve un roulement à double rangée et contacts obliques. La poulie, ou plutôt ce qu'il en reste, ne doit pas tourner ! Il faut trouver une solution.
Dépose du roulement, les joues d'étanchéité sont enlevées.

N'ayant pas à disposition de brut pour réaliser une entretoise de mêmes dimensions que le roulement, ce dernier est transformé en entretoise.

Un véritable bonheur que de balancer des coups de soudure à l'arc entre les bagues pour solidariser billes et chemins de roulement. La graisse brûle...

Faites vous plaisir : brûlez un roulement.

La plaque d'acier vue plus haut a été percée, et ses trous fraisés. il ne reste qu'à la retailler.

Entre temps, un test a été effectué en 24 volts continu. Pas de souci. Ca chauffe un peu, mais absolument rien d'alarmant. L'idéal serait d'alimenter en 24 volts alternatifs, avec une coupure progressive (sinus atténué) afin de démagnétiser la pièce par la même occasion. En ce qui concerne le foret, et à condition d'être en alternatif, sa remontée et son éloignement progressifs sont suffisants.

Cet étau magnétique n'a rien à voir avec les tables magnétiques industrielles : ces dernières sont constituées d'une succession d'aimants dont les polarités sont alternées, et ne requièrent pas d'alimentation. La désolidarisation de la pièce se fait en éloignant mécaniquement le réseau d'aimants de la table.

A propos du combiné tour fraiseuse Fartools... La machine était livrée avec quelques instructions extrêmement succinctes, pratiquement inexploitables, sur quelques feuilles mal photocopiées. Il y avait fort à parier que d'autres distributeurs la proposaient. Ne trouvant rien sur la France, une brève mais fructueuse recherche fut lancée avec Google sur les mots clés "lathe" (tour) et "mill" (fraiseuse). En quelques clics, apparut le "Grizzly G4015Z Combo LatheMill", et son manuel très détaillé au format Acrobat. Il s'agit de la même machine, distribuée aux USA sous la marque Grizzly. Un peu de surf montre que cette machine jouit d'une réputation satisfaisante. Elle figure même sur un site universitaire dans la liste des équipements d'un laboratoire de recherche travaillant sur les lasers.

La perceuse achetée quelques semaines plus tôt est également distribuée par Grizzly, sous une forme un peu dépouillée (moteur moins puissant, mandrin à jeter aux orties, identique à celui livré avec mon tour /fraiseuse). Mais le superbe mandrin auto serrant fourni par Fartools avec la perceuse se monte également sur le tour (poupée mobile) et sur la fraiseuse.

Le catalogue Grizzly est très riche. Les distributeurs français paraissent bien fades à côté. Les prix sont très attractifs. Cependant, ce n'est pas une bonne idée de commander chez eux. Tout d'abord, les moteurs sont souvent monotension en 110 volts (c'est le cas des petits tours et fraiseuses). Ensuite, ce sont parfois des versions allégées (comme pour la perceuse, voir le mandrin, le système de profondeur de perçage, l'absence d'étau, et la puissance). Enfin, et surtout, les accessoires de sécurité "CE" sont absents. Ces machines ne sont donc pas commercialisables en France, et c'est le risque de voir le colis bloqué en douane jusqu'à mise en conformité. Ce n'est pas à prendre à la légère comme me l'ont appris plusieurs discussions, dont une avec un reconditionneur (remettant des machines outils aux normes), et auprès duquel je m'étais renseigné pour l'achat d'une machine industrielle d'occasion. Ne pas oublier également que les prix sont donnés hors taxes, hors transport, et hors droits de douane.

L'idée de la "rectifieuse" continue son chemin. Dernière idée en date : un plateau sur la broche du tour. La rondelle collée sur le plateau (3M, entre autres sans doute, fabrique un ruban adhésif double face spécial rectifieuses). Un moteur grande vitesse avec une meule au bout sur le chariot du tour... (voir ici). Le degré de finition des rondelles n'est pas très important, il suffit d'examiner celles d'origine.

L'idée est d'utiliser par exemple une meuleuse droite. Un adaptateur permettant de la fixer sur le chariot du tour est facile à réaliser. Intérêt : c'est robuste, ça tourne vite et c'est puissant.

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