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Bloc-notes - 19 janvier 2009

Arrivée d'une fraiseuse à tourelle Induma 1-S (style Bridgeport)

Pour faire du fraisage correct, un combiné comme le HQ 400 est notoirement insuffisant. Il faut s'orienter vers une machine disposant d'une table digne de ce nom, et d'une mécanique massive et rigide.

Discussion sur usinages.com : Arrivée de mon Induma à tourelle / page 1

 

L'Induma 1-S (marché américain) ou "Testa Veloce" (marché italien) est une version italienne de la célèbre Bridgeport Series I américaine. Mais par rapport à cette dernière, la construction a été simplifiée et alourdie. Elle a la réputation d'être plus robuste et rigide que l'original, y compris auprès des américains ; c'est tout dire.

La Bridgeport Series I est la fraiseuse que l'on peut apercevoir dans toutes les émissions de télévision consacrées à la mécanique et diffusées par Discovery Channel : Duels de Bikers, American Chopper, American Hot Rod, etc.

La table de l'Induma fait exactement les mêmes dimensions (9" x 42", soit 230 mm x 1070 mm), et permet d'y poser une culasse. Cependant, la course en X est assez faible : 480 mm ; ceci est dû à un chariot transversal plus large, offrant un meilleur guidage et une plus grande rigidité. Il est possible d'étendre facilement cette course pour atteindre le déplacement offert par les Bridgeport (environ 750 mm) : il suffit de réaliser des entretoises et des extensions de la vis sans fin.

La tête semble identique, au moins dans ses commandes et leurs positions.

Une Bridgeport Series I pèse une tonne :

tête : 90 kg
pivot : 40 kg
bélier : 99 kg
tourelle : 97 kg
socle : 324 kg
console: 117 kg
transversal : 64 kg
table (en version longue : 48") : 166 kg
Total : 997 kg

L'Induma 1-S pèse quant à elle 1250 kg...

 

Livraison en deux parties :

Socle et table croisée...

...Tourelle, bélier, pivot et tête (la tête a été tournée à l'horizontale)

Tout ceci est très lourd, et le déchargement du camion ne fut pas une mince affaire !

La surface de la table est passablement abîmée. 40 ans de loyaux services ont laissé quelques traces : coups de foret et de fraise.

La surface sera reprise d'un coup de tourteau sur une grosse machine dans les semaines qui viennent.

Elle est équipée d'une armoire électrique aux normes. Malheureusement tout est en 24 V alternatifs. Elle sera peut-être refaite pour diverses raisons en 24 V continus. Le moteur de la broche sera alimenté par l'installation centralisée basée sur un variateur de fréquence.

La console offre une glissière plus longue que sur une 1-S standard : 360 mm de course en Y, voire un peu plus si un léger porte à faux est toléré. Une Bridgeport permet un déplacement de 250 mm seulement.

Aucun jeu, pas d'usure perceptible des glissières (les lardons - coniques - ne dépassent nulle part).

Les vis sans fin présentent un jeu de 0.2 mm sur toute leur longueur, ce qui semble être la valeur d'origine d'après une discussion avec le propriétaire d'une machine du même modèle.

Les commandes sont douces, très agréables sur tous les axes. Le déplacement vertical ne fait que 1.25 mm par tour de manivelle : un moteur d'approche rapide sera sans doute à envisager !

Une telle machine permet d'usiner des pièces lourdes. Une Bridgeport Series I permet de supporter 325 kg sur la table. Cette Induma permet certainement plus. Un bloc moteur en fonte peut très bien y être posé.

L'intérieur du bâti abrite la pompe d'arrosage. Peu d'oxydation pour une machine de cet âge (environ 30 à 40 ans).
La pompe, son support et le bac.
Le moteur de la pompe peut être câblé en triangle, et donc piloté par un variateur de fréquence alimenté en monophasé. Il est ici câblé en étoile (400V triphasé)
Lubrification centralisée par une pompe manuelle. Le circuit ne lubrifie que les glissières et noix des axes X et Y. Le circuit pourra être étendu aux autres points stratégiques moyennant un peu de travail.
Les noix n'ont pas de rattrapage de jeu, contrairement aux Bridgeport.
La machine est équipée d'une avance automatique à boîte Norton sur l'axe X.
Son moteur.
De même, il pourra être câblé en triangle et être alimenté par variateur de fréquence.
 
Ouverture de la boîte d'avances. Rien de compliqué. Un pignon baladeur récupère le mouvement sur l'un des 6 pignons du haut. Ceux du bas servent au choix entre avance normale et avance rapide. Les pignons sont en excellent état.
Ici, on voit qu'un pignon a attaqué le palier d'axe de balladeur et son écrou, heureusement tous deux en bronze. Un incident sans gravité, mais ça a dû faire beaucoup de bruit.
La fourchette de sélection avance / approche rapide est en excellent état.
Le levier de sélection avance / recul / neutre présente pas mal de jeu.
Ceci s'explique par l'axe du levier, cassé. Une pièce très facile à refaire au tour.

La tête.

Commandes très douces, toutes fonctionnelles, sauf le harnais. Les roulements accrochent un peu, pas de jeu dans la broche ni dans le fourreau. Le mécanisme de descente / remontée automatique fonctionne parfaitement.

Surprise : la machine est équipée d'une broche avec attachement ISO 40 (R8 ou SA 30 pour le marché américain). C'est un plus car les outils et accessoires les plus courants en occasion sont à ce standard, et moins chers que ceux en R8 ou SA 30, ou encore cône Morse, typique des machines amateur.

Le moteur de 1.5 ch., très volumineux, peut être câblé en triangle lui aussi pour une alimentation par variateur de fréquence.

Au total, cette machine est sale,mais très peu oxydée, et très peu usée. Elle a au moins été restaurée une fois si on en juge par les couches de mastic et de peinture.

Elle sera démontée, nettoyée, et repeinte à neuf. La table sera rectifiée.

Il ne reste plus qu'à couler une dalle de béton ferraillé de 15 cm dans la cave !

La machine fait 2.10 mètres de haut, et il lui faut au moins 2.30 mètres pour être à l'aise.

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