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Bloc-notes - 30 mars 2009

Repose de la broche, réparation du ressort spiral cassé, et repose du mécanisme micrométrique de descente automatique.

La dépose du fourreau de broche avait été assez longue. En effet, l'ajustement dans l'alésage de la tête étant très précis, ça ne glissait pas très facilement. Il est nécessaire de s'aider d'une massette sans rebond ou d'un maillet caoutchouc, et de tapoter très doucement pour le faire avancer demi millimètre par demi millimètre. Ca avait été long et délicat.

La repose ne peut pas se faire de cette façon : il est très improbable que l'on arrive à l'engager bien droit. Il suffit de lire les quelques récits de galères sur les forums Bridgeport.

Donc, à mon avis, la seule et unique méthode de montage sans danger est la méthode thermique. Comme pour les roulements.

La tête est donc placée sous les infrarouges afin d'obtenir une chauffe à peu près uniforme et légère (environ 40 à 50°C).

Le fourreau de broche, bien huilé, est placé dans le congélateur pour quelques heures.

La pièce de tôle cylindrique est une protection qui sera reposée plus tard. ("kill skirt")

Pour passer le temps, recherche d'un emplacement pour la sonde du tachymètre optique.

Il y a toute la place voulue !

Le bull gear, précedemment pein en noir mat, reçoit un secteur réfléchissant en aluminium adhésif.

Avant de reposer le fourreau de broche, il faut tendre le ressort spiral de descente sensitive.

Et là, catastrophe ! La tête reposant à l'envers, et la commande se présentant du "mauvais" côté, je commets l'erreur de tourner le levier dans le mauvais sens. Du coup, l'extrémité se décroche de son ergot. Et au lieu de lui faire effectuer un trour complet pour qu'il se raccroche, je repars franchement en sens inverse. Un peu trop franchement d'ailleurs : l'extrémité vient buter à contre sens et casse. Il faut dire que ce ressort a 40 ans de service, ,et le droit d'être un peu fatigué.

Ca commence très mal.

Trois solutions :

  • en commander un neuf en Italie au service technique de INDUMA GSE S.R.L.
  • en faire fabriquer un
  • réussir à réparer

Bien sûr, c'est la troisième solution qui s'impose...

Tout d'abord, meulage de ce qui dépassse.

Une partie du trou oblong qui permet sa liaison à l'ergot de l'axe est laissée en place afin de servir de repère.
Pour créer un nouveau trou oblong, la meule est retaillée à l'aide d'un outil diamant.
Le plus difficile sera de maintenir fermement l'extrémité du ressort.
Meulage en douceur de façon à recréer un trou oblong, mais sans surchauffer le métal. A ce stade, c'est presque fini. Encore un peu de meulage, élimination de la longueur excédentaire, ébarbage, puis nettoyage soigneux au WD40 et à l'air comprimé afin de chasser limailles et grains abrasifs.
Le ressort est refixé dans le couvercle (vis à tête fraisée).
Puis ce qui dépasse est scié, en prenant bien sûr garde de scier de telle façon que l'effort n'ait pas tendance à desserrer la vis !
Un petit coup de lime.

Réenrouler le ressort dans le couvercle est pratiquement impossible... et absolument inutile.

L'extrémité est raccrochée sur l'ergot. C'est un peu spéléologique...

Et pour finir, le couvercle est approché à l'horizontale. En le faisant tourner (dans le bon sens !), tout finit par rentrer en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire.

Mais pas mal de temps a été perdu.

Le ressort est mis en tension grâce au levier de descente sensitive, dans le bon sens cette fois.

Retour en arrière d'un quart de tour, puis le levier de descente automatique est poussé, ce qui a pour conséquence de bloquer l'axe : le réducteur à vis sans fin qui s'y trouve n'est pas réversible.

Le fourreau de broche est sorti du congélateur. L'alésage reçoit une rasade d'huile.

Ca rentre absolument sans aucune difficulté, sous la simple actioon de la gravité. Il faut faire vite car les températures des surfaces s'égalisent rapidement.

Le levier de descente automatique est ramené au neutre, et le fourreau est accompagné avec le levier de descente sensitive.

Le plus difficile est terminé.

Il faudra déposer l'embrayage "primaire" de descente automatique afin de replacer le kill skirt...

Repose du blocage de fourreau.

Les rondelles servent à faire en sorte que le levier travaille sur un angle utilisable.

Blocage reposé.

Maintenant, c'est au tour du système de fin de course de l'automatisme de descente.

Cette pièce est la pièce maîtresse : celle qui vient libérer l'ergot du "marteau" de son logement.

 

Ensuite vient le système de réglage micrométrique. Dans l'ordre :

  1. repose de la butée, vissée sur le fourreau
  2. la tige filetée est engagée en enfilant d'abord le circlip
  3. puis le contre écrou
  4. et enfin l'écrou gradué
Repose du circlip dans sa gorge.

Le basculeur.

Lorsque le fourreau descend et atteint l'écrou gradué, la tige filetée est poussée vers le bas. Elle agit alors sur ce basculeur. Ce dernier agit à son tour sur la tige qui libère l'ergot du "marteau", et l'embrayage est relâché : la descente s'arrête.

L'axe du basculeur.

En haut se trouve un autre dispositif ayant le même rôle, mais dans le sens de la rmontée.

Cette douille percée est pousssée vers le haut lorsque la butée de la broche arrive en position haute.

Alignement des trous de la tige filetée, et de la douille.
La pièce qui sert de basculeur a une forme particulière : une triple bille. Sur les Bridgeport, elle est un peu différente, mais le principe est exactement le même.

Il y a une vis de pression avec contre écrou de réglage.

Le fonctionnement est le même que dans le sens de la descente : lorsque la butée de broche atteint la douille, cette dernière pousse le basculeur, qui à son tour appuie de haut en bas sur la tige filetée. Ensuite, basculeur du bas, tige de dévérouillage, marteau, embrayage et arrêt de la remontée.

A noter que ce dispositif placé en haut empêche d'engager la descente automatique si la broche n'est aps descendue d'un ou deux millimètres. Surprenant au début jusqu'à ce qu'on en comprenne la raison.

 

Ici il manque deux pièces :

  • une tige permettant l'adaptation d'un comparateur
  • la vis boquant la tige dans la position voulue

Ces pièces étaient absentes, mais sont faciles à remplacer.

Pour le fun, mesure du faux rond de la broche, en la faisant tourner à la main, sans bloquer le fourreau. La référence étant sur la fonderie, un mouvement parasite du fourreau sera détecté.

Et bien, en tournant à la main, l'aiguille ne bouge pas d'un poil...

Il faudra voir en conditions réelles, fraiseuse remontée, en exerçant des efforts réalistes grâce à la table.

Sur le côté gauche de la tête se trouve une surface plane, assez grossère (non rectifiée). Elle est spécifique à l'Induma, et ne se retrouve pas sur la Bridgeport et ses avatars.

Cette surface sert à fixer par exemple un pied de comparateur magnétique.

La surface avait été peinte. Erreur : la couche de peinture, même si elle n'est pas très épaisse, nuit de façon notable à la bonne tenue du pied magnétique. Le grattage de la peinture a été assez fastidieux. L'Hammerite tient bien sur la fonte.

En manipulant les commandes afin d'en vérifier le fonctionnement, une méthode de réglage du limiteur d'effort simple et efficace m'est venue à l'esprit...

Lorsque le levier de descente automatique est engagé (poussé à gauche), l'embrayage et le limiteur de couple sont actifs. Si on force sur le levier de descente sensitive, on fait plus ou moins facilement sauter le limiteur de couple.

Donc, voici une procédure simple et sans danger pour le réglage de la limite :

  1. levier de descente automatique poussé à droite (donc en position manuelle). Un pèse personne étant posé sur la table, et le nez de broche reposant dessus, on tire sur le levier de descente sensitive par l'intermédiaire d'un dynamomètre (peson). On relève l'effort nécessaire pour obtenir les 100 kgf règlementaires

  2. levier de descente automatique poussé à gauche (donc en position automatique).On tire sur le levier, toujours avec un dynamomètre, et on règle la précontrainte du imiteur de couple pour qu'il se libère pour la force notée précédemment.

Plus simple, on meurt...

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