cambouis.com

Vérins de capot pour Range Rover Classic

S'il est un accessoire particulièrement pénible en cas d'intervention sur le moteur, c'est bien cette satanée béquille de capot. Elle limite l'accès et se trouve toujours là où elle est la plus gênante. Il est pourtant très simple de s'en affranchir, en la supprimant purement et simplement, et en installant des vérins pneumatiques

La modification décrite dans cet article n'est pas forcément légale. Certains pays interdisent ce type de montage, de même qu'ils interdisent la présence d'un compas. Ceci est compréhensible car vérins et compas, en cas d'ouverture intempestive du capot en cours de roulage, maintiennent ce dernier ouvert, ce qui constitue un réel danger. On prendra, avant toute transformation, connaissance de la réglementation en vigueur, et on s'assurera du bon fonctionnement du système de fermeture/ouverture, ainsi que de celui du verrou de sécurité. Il est conseillé de compléter le dispositif par des goupilles de sécurité ou par des fermetures caoutchouc telles que celles utilisées en compétition.

L'auteur décline toute responsabilité en cas de poursuites légales, de détérioration, d'accident matériel et/ou corporel, et de tout préjudice qui surviendraient suite à l'utilisation des informations contenues dans ce site. SI VOUS DÉCIDEZ DE TIRER PARTI DE CES INFORMATIONS, VOUS LE FAITES EXCLUSIVEMENT SOUS VOTRE PROPRE RESPONSABILITÉ, ET A VOS RISQUES ET PÉRILS

Sommaire

Généralités

S'il est un accessoire particulièrement pénible en cas d'intervention sur le moteur, c'est bien cette satanée béquille de capot. Elle limite l'accès et se trouve toujours là où elle est la plus gênante. Il est pourtant très simple de s'en affranchir, en la supprimant purement et simplement, et en installant des vérins pneumatiques du même type que ceux que l'on trouve sur l'intégralité des hayons dont sont équipés les véhicules proposés sur le marché automobile. Leur installation peut se faire de façon à ce que l'espace de travail soit intégralement libéré. De plus, dans le cas des Range Rover's et Discovery's, la suppression des ressorts épingles d'origine facilite ensuite considérablement la dépose et la repose du capot, et par conséquent des ailes et des portières.

L'exemple présenté ici est la modification d'un Range Rover Classic. Range et Disco sont équipés d'un capot en acier particulièrement lourd et nécessitant un vérin de chaque côté. Pour un Land Rover Series ou Defender, le capot léger permet de se contenter d'un seul vérin.

Avertissement

La mise en place de vérins en lieu et place des ressorts en épingle destinés à faciliter l'ouverture modifie la valeur et la direction des composantes des efforts subis par les charnières. Les ressorts d'origine agissent en rotation et appliquent directement un couple modéré associé à une faible composante radiale. Les vérins au contraire poussent le capot vers l'avant (très forte composante radiale), et donnent un effort en rotation suffisant pour l'ouverture automatique grâce à un bras de levier. La composante radiale de cet effort est ici de l'ordre de plusieurs dizaines de kg. Les charnières ne sont pas conçues pour cela, ce qui se traduit immédiatement par un décalage du capot vers l'avant (flexion des charnières et de leurs supports) dont il conviendra de reprendre le réglage; de même, il sera sans doute nécessaire de modifier les positionnements de la gâche, du pêne, et de la sécurité de fermeture. Il faut également considérer que les charnières subiront une usure accélérée.

Inutile donc de me poster des messages d'injures au cas où, après avoir réalisé cette transformation, vous arriveriez à fermer votre capot, mais plus à l'ouvrir ! La première fermeture d'essai devra se faire sécurité démontée, et gâche + pêne desserrés.

Le seul pré requis indispensable est donc de savoir régler un capot et ses fermetures. Sinon, il vaut mieux s'abstenir !

Le résultat

On constate ici l'absence de la béquille, normalement située entre l'extrémité du capot et l'avant de la caisse, devant le radiateur. On dispose ainsi d'une accessibilité parfaite, en particulier pour le réglage du jeu de la distribution.

La flèche montre la position du vérin gauche, parfaitement intégré et quasiment invisible.

Une telle amélioration ne sera bien sûr appréciée que de ceux faisant eux-mêmes leur mécanique.


Accessibilité maximum à la mécanique

Le matériel nécessaire

Il est très limité et d'un coût extrêmement réduit. On aura besoin, pour un Range Rover Classic, de :

Sur les hayons, les extrémités des vérins sont articulées par des rotules. En général, une des sphères est boulonnée, tandis que l'autre est soudée. Il faudra donc récupérer des éléments sur deux véhicules. Le premier donnera les vérins et une première paire de rotules, et sur le second, on récupérera une deuxième paire de rotules.

Les vérins

Les extrémités des vérins peuvent différer. Ici deux vérins provenant de deux véhicules différents. Dans les deux cas la longueur déployée est la même (600 mm), et les sphères sur lesquelles ils viennent s'articuler sont identiques (diamètre 10 mm). Leur marquage indique 380 N, ce qui convient parfaitement ici, et semble être une valeur très répandue.


Deux exemplaires de vérins (hayons de citadines)

La sphère mesure 10 mm de diamètre. Sa fixation est assurée par une tige filetée M6 de 12 mm de longueur.

Cette tige filetée présente juste en dessous de la sphère un usinage en forme d'écrou destiné à recevoir une clé de 12. Non, la célèbre clé de 12 n'est pas morte, elle est encore parfois nécessaire.

La tête du vérin est simplement rentrée en force sur la boule.

Il faut récupérer quatre de ces sphères d'articulation. En ce qui concerne les vérins, vérifier leur résistance (380 N soit de l'ordre de 35 Kg). S'assurer que la tige n'est ni tordue, ni piquée, ni oxydée, et que le corps ne présente pas de fuite de liquide..


Rotules

Préparation du travail

La première opération à effectuer est le démontage du capot, puis celui de l'auvent.

Ensuite, on supprime le mécanisme de ressort en épingle.

Ceci n'est à vrai dire pas indispensable à partir du moment où l'on dispose des cotes des pièces. Mais La dépose facilite grandement le montage. De plus, les vérins à eux seuls sont suffisants pour ouvrir le capot et le maintenir ouvert. Enfin, compte tenu des efforts que subiront les charnières, il est bon de les vérifier.


Charnières débarassées de leur ressort

A la partie supérieure de l'image se trouvent les pièces d'origine : ressorts en épingle et béquille

En dessous, le "kit-vérins".


Le "kit vérins" et le mécanisme d'origine

  1. Les deux ressorts en épingle qui aident à la manoeuvre du capot. Ces pièces deviennent inutiles après mise en place des vérins, et ont donc été supprimées.
  2. La béquille : le but est de s'en affranchir. Elle est ici tordue car la hauteur de plafond obligeait à cet artifice ! On verra plus loin que les vérins permettent facilement un ajustement de la hauteur du capot en position ouverte.
  3. La pièce de liaison à la caisse.
  4. Les rotules d'articulation des vérins décrites plus haut.
  5. Le vérin.
  6. La pièce de liaison au capot.
  7. La contre plaque de la pièce de liaison au capot

Les pièces de fixation au capot

Le capot du Range Rover comporte sur ses bords un repli horizontal. C'est sur cette zone que sera fixée l'articulation. La tôle est serrée entre une cornière, qui recevra la rotule, et une contre plaque.

L'équerre est réalisée dans une cornière de 20 x 20 x 2.5 mm et de 200 mm de long.
La contreplaque est un tronçon de fer plat de 20 x 2.5 mm et également de 200 mm de long.

La cornière est percée de quatre trous taraudés à M5, et espacés de 60 mm; l'autre face reçoit cinq perforations de 6 mm, centrées par rapport à la pièce. C'est là que viendra se placer la rotule. Cinq trous permettent cinq positions, et ainsi le réglage de la hauteur du capot en position ouverte.

La contre plaque est percée de quatre trous de 6 mm, fraisés, qui recevront les têtes des vis de fixation. Ainsi, rien ne dépasse... M5 est la dimension de visserie qui permet d'intégrer les têtes dans 2.5 mm d'épaisseur. M6 ne convient pas. Les bords sont arrondis, et la pièce peinte de la même couleur que le capot, de façon à rendre la modification invisible une fois le capot fermé.


L'équerre et sa contre plaque

On voit ici le principe de montage. La rotule peut être déplacée sur la longueur. Cornière et contre plaque enserreront la tôle du capot.

Vous n'êtes pas obligé de former de la sorte la cornière (élimination des portions inutiles). Mais comme c'est joli, et surtout parfaitement invisible une fois en place, il était difficile de résister à la tentation.


L'équerre et sa contre plaque

Les pièces de fixation à la caisse

L'aile est boulonnée à la une nervure verticale de la caisse; on dispose donc d'un endroit tout désigné pour recevoir la deuxième rotule. Malheureusement, comme les épaisseurs de tôle pouvaient le laisser supposer, ce support est trop faible et a tendance à se déformer sous l'effort. Il est donc indispensable de réaliser un renfort.

On peut se contenter d'une cornière. La pièce décrite ici est réalisée dans un tube de section rectangulaire assez, mince (1.5 mm), mais rigide. Le choix de ce profil rectangulaire a simplement été dicté par sa disponibilité dans la "réserve à ferrailles", un dimanche après midi. Il aurait été bien plus simple d'utiliser une cornière plutôt que de réaliser des découpes permettant l'accès aux vis et boulons de fixation !

Par conséquent, faites abstraction de la forme torturée de la pièce, et imaginez une vulgaire cornière de 20 x 35 x 2 mm...

Attention : il est préférable de ne pas tenir compte de la position de la rotule à ce stade. Au contraire, il vaudra mieux percer au dernier moment, une fois le renfort en place (voir ci dessous).


Cotes

Les cotes données ici concernent le Range Rover Classic pour le côté droit. La pièce prenant place à gauche est bien sûr symétrique. Le passage de la tige filetée de la rotule devra être percé dans les nervures de l'aile et de la caisse. Tous les autres trous correspondent à ceux existant d'origine. Il est prudent de percer large (8 mm pour les vis à tôle, 10 mm pour les boulons M8) et de les reprendre à la lime pour les transformer en trous oblongs. Ceci facilitera l'ajustement.

Les vis cruciformes et les boulons sont ceux d'origine.

En ce qui concerne le trou à réaliser pour permettre le boulonnage de la rotule, il a été défini au ras de l'auvent, de façon à permettre le passage du mandrin de la perceuse. Ceci afin d'éviter l'obligation de déposer capot et auvent pour ceux qui ne le souhaitent pas.

Montage de l'ensemble

Le capot est percé de quatre trous oblong transversalement (pour le centrage des pièces); le premier trou est percé à 330 mm du bord arrière du capot. Trois autres sont percés régulièrement espacés de 60 mm. On peut apercevoir un cinquième trou tout en haut : il s'est avéré inutile (phase de mise au point), mais il montre la forme à réaliser (lime ronde de petit diamètre).

Les pièces sont ici en place. On peut voir que la contre plaque est bien dissimulée.


Cotes de perçage du capot

La pièce de renfort (noire) est fixée par deux des boulons d'origine. Un perçage est nécessaire pour passer la rotule. Cette rotule est décalée de 5 mm vers l'extérieur par un empilement de rondelles, ceci afin d'éviter toute interférence entre la tôle, les boulons, et le vérin en position fermée.

Les vis à tôle ne sont pas visibles sur cette photo. Voir ci dessus sur le relevé de cotes.

Le plus simple pour positionner la rotule est de d'abord placer le renfort, puis de percer toute l'épaisseur..


Mise en place de la rotule sur la caisse

Il ne reste plus qu'à mettre en place les vérins.


Mise en place des vérins

Cette image montre pourquoi il est nécessaire de décaler de 5 mm la rotule inférieure : sans cela, le corps du vérin viendrait toucher les boulons de fixation.


L'espace est limité

Après avoir mis en place les vérins, on constatera une avancée du capot (les vérins poussent très fort). Il ne faut surtout pas chercher à le refermer sans précaution. Au contraire, il est nécessaire de compenser en reculant le capot sur ses charnières (4 boulons à l'arrière du capot) et en recherchant le même alignement qu'à l'origine (il vaut mieux être deux pour y arriver). Il faudra ensuite procéder au réglage du verrou de capot, ce qui est assez pénible.

Il est également possible que l'on assiste à une "mise en place" progressive du capot. Ici, le réglage aura été repris plusieurs fois, à quelques semaines d'intervalle, avant que plus rien ne bouge plus, que le capot soit bien aligné, et qu'il s'ouvre et se ferme parfaitement.

On pourrait être tenté de supprimer le verrouillage de sécurité : voir le capot s'ouvrir seul en tirant la commande est un plaisir que Freud expliquerait aisément. Malheureusement, c'est s'exposer au risque de se retrouver capot levé en roulant, en cas de défaillance du verrou. Dans ce cas, il est indispensable, voire vital, d'installer un autre type de sécurité, comme ceux utilisés en compétition.

© jft / www.cambouis.com / tous droits réservés
Validation W3C Unicorn le : 17 juillet 2013
page ajoutée le 27 janvier 2004
dernière révision le 23 mars 2005