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Relocalisation de l'amortisseur de direction sur Range Rover Classic et Discovery

Sur le Range Rover Classic et le Discovery, l'amortisseur de direction est placé entre la barre d'accouplement et le nez de pont, en dessous de ce dernier. Sa destruction est donc un incident fréquent. La solution est donc de déplacer celui ci afin qu'il se trouve entre barre de direction et châssis, devant le pont, et un peu plus haut, de façon à ce qu'il soit moins exposé, et protégé derrière le ski avant.

Les opérations décrites ici exigent une parfaite connaissance du système de direction, et de sa maintenance. Cet article ne s'adresse pas à des débutants. En cas de doute quant à ses capacités, il est absolument vital, pour soi-même aussi bien que pour autrui, de s'adresser à un professionnel.

De plus, les modifications décrites ci-dessous interdisent l'utilisation du véhicule sur la voie publique tant qu'il n'a pas fait l'objet d'une nouvelle réception par les services de la DRIRE.

L'auteur décline toute responsabilité en cas d'accident qui surviendrait suite à l'utilisation des informations contenues dans cet article. SI VOUS DÉCIDEZ DE TIRER PARTI DE CES INFORMATIONS, VOUS LE FAITES EXCLUSIVEMENT SOUS VOTRE PROPRE RESPONSABILITÉ.

Sommaire

Généralités

Il existe plusieurs façons de s'y prendre. Deux seront exposées ici. La première est une bidouille assez peu élégante, mais efficace, et dont le seul but était de tester la relocalisation de l'amortisseur. La seconde consiste à remplacer amortisseur et barre de direction par ceux du Defender.

La première méthode a l'acvantage du prix de revient le plus faible, car tous les élément constitutifs sont conservés. Elle peut être considérablement améliorée à condition de maîtriser parfaitement les techniques de soudure sur l' élément capital qu'est la barre de direction.

La seconde implique un investissement non négligeable, et utilise des pièces d'origine Land Rover qu'il est possible de se procurer en occasion par exemple dans des vide garage.

La méthode du pauvre

La relocalisation décrite est un bricolage qui peut s'avérer dangereux. Il ne faudrait pas être étonné si ce montage entraînait une contre visite au contrôle technique.

Mais cette technique nécessite peu de moyens : tout ou presque peut être fait avec de la récupération...

Il ne faut cependant pas se méprendre : il est possible de soigner la mise en oeuvre. De nombreuses réalisations irréprochables ont été décrites par des passionnés.

Après dépose de l'amortisseur de direction, on dépose le té de fixation au nez de pont. Il est à noter qu'entre cette pièce et le nez de pont se trouve une plaque, qui est un contrepoids antivibratoire (harmonic damper). Il se compose sur le V8 d'une masselotte ronde, et sur le TurboD (VM) d'une simple pièce rectangulaire assez épaisse.


Le support d'amortisseur d'origine (nez de pont)

On fait sauter à la disqueuse une des deux pattes de té.


Découpe

On soude ensuite ce qui est devenu un "L" sur une plaquette d'acier assez épaisse (4 ou 5 mm).


Réalisation de l'oeil qui viendra sur la barre de direction

Quatre trous permettront de passer des colliers en "U" pour fixer le tout sur la barre de direction. Ici, ils ont été choisis un petit peu trop grands, puis montés en travers (36 mm et 8 mm de fil). On obtient une excellente immobilisation sur la barre une fois serrés.

Pour le moment on ne les serre pas, mais on permet au contraire un glissement afin de régler la position.


Mise en place sur la barre de direction

La platine droite du sabot se voit greffer une patte qui recevra l'autre extrémité de l'amortisseur.

Le véhicule étant sur chandelles, roues avant décollées du sol, il faut régler la position de l'extrémité mobile de façon à ce que l'amortisseur n'arrive jamais en butée de compression ou d'extension lorsque les roues sont braquées à fond dans un sens ou dans l'autre.

Une fois cette position trouvée, serrer à fond en utilisant des écrous Nylstop, après avoir raccourci les parties filetées des colliers.


Fixation au châssis

Remplacement par des éléments de Defender

Elle consiste à remplacer la barre de direction complète et l'amortisseur par des éléments de Defender. Les géométries étant les mêmes, les éléments sont parfaitement adaptables.

Sur le Defender, l'amortisseur comporte un oeillet articulé sur la pièce reliant la bielle pendante à la barre; l'autre extrémité est fixée au châssis par l'intermédiaire de silentblocs. Le Range Rover ne dispose pas d'une telle fixation. La platine droite du ski a été modifiée pour la circonstance.

Il serait sans doute possible de réutiliser les pièces du Range Rover, mais effectuer quelque soudure que ce soit sur la direction elle même était exclu.

La tige à oeillet du Range Rover est celle du bas. Celle du haut est un élément de Defender. Elle diffère par la présence de la fixation d'amortisseur, et par le pas du filetage. Celle du Defender ne s'adapte pas sur la barre du RR et réciproquement.

Il est envisageable de réaliser le U de fixation d'oeillet pour quelqu'un maîtrisant bien la soudure et qui ne veut pas remplacer la barre de direction. Sinon, on remplacera aussi la barre par celle d'un Defender.


Tiges à oeillet de RR/Disco et Defender

La platine de fixation droite du ski avant est modifiée pour recevoir l'extrémité droite de l'amortisseur (tige filetée).Cette platine est fixée en dedans du longeron, et il faut la modifier pour le pas faire talonner l'amortisseur. Il faut réaliser une fixation située un peu plus en dehors, de 2 cm environ.


Platine support de ski avant

La barre de Defender est mise en place dans la corne de vache et sur la bielle pendante. Pour l'aider à se placer sur la bielle, le plus simple est d'utiliser un arrache le temps de serrer l'écrou à créneaux. Ne pas oublier les goupilles fendues !

Attention : l'amortisseur a un marquage "this side up". Respecter cette indication.


Astuce pour la remise en place de la barre de direction

En relevant la position sur un Defender, marquer l'endroit où passera la tige filetée de l'amortisseur. Déposer la platine.


Repérage de la fixation sur la platine du ski

Un avant trou correspondant au pilote d'une scie trépan de 40 mm est percé, puis on découpe une large ouverture. Il faut également un morceau de tube de 40 mm qui servira à décaler la fixation, et un morceau d'acier de 4 mm pour la fixation elle même.

La section de tube est crénelée de façon à permettre à la terre de s'évacuer facilement (non visible ici, voir plus bas).


Préparation de la platine du ski

Le résultat après soudure et meulage autour du morceau de tube.

Remarquez la large plaque rapportée pour l'occasion et servant de renfort.


Les soudures sont terminées

Sur l'autre face, côté corps d'amortisseur, un large chanfrein est réalisé afin que le corps de l'amortisseur n'entre pas en contact avec la platine.


Réalisation d'un chanfrein

La section de tube a été crénelée de façon à ne pas accumuler de terre.


Créneaux

Côté intérieur, le large chanfrein évite toute interférence entre amortisseur et platine. Le silentbloc se loge dans la section de tube.


Rôle du chanfrein

L'amortisseur est désormais protégé.

Train avant sur chandelles, vérifier que l'amortisseur n'arrive pas en butée de compression ou extension lorsque les roues sont braquées à fond d'un côté comme de l'autre.


La protection est désormais parfaite

Couples de serrage

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Validation W3C Unicorn le : 17 juillet 2013
page ajoutée le 23 novembre 2003
dernière révision le 27 mars 2005