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Limeuse Achard

Une machine peu courante, mais qui peut s'avérer très utile : la machine à limer. Une telle machine peut rendre de grands services : détourage, finitions, formes impossibles à obtenir par tournage ou fraisage, sciage, etc.

C'est une très belle petite machine, assez peu encombrante (en gros, l'équivalent d'une perceuse à colonne "sérieuse").

Ce n'est pas sa couleur d'origine, elle a été repeinte probablement dans les années 1960 ou 1970. Sa couleur d'origine était un vert assez classique. Année de fabrication inconnue. Peut-être les années 1940 ou 1950. Elle est parfaitement fonctionnelle, ne présente aucun jeu, aucune oxydation autre que superficielle, et ne fait aucun bruit particulier. Elle a passé les 20 ou 30 dernières années bien au sec dans un petit atelier chauffé. Son état est vraiment excellent, et peu de travail sera nécessaire pour lui redonner l'aspect du neuf.

"Achard Paris" est la seule inscription figurant dessus. Ce n'est pas nécessairement le nom du constructeur, Il peut s'agir du nom du revendeur.

Machine en action :

Cette machine était utilisée pour donner de la dépouille à des matrices ; d'où son nom en angleis "die filer" ("limeuse à matrices") ; die filer semble plus commun que filing machine si l'on se réfère aux réponses données par Google. Comme on peut le constater, elle est ancienne (courroies plates en cuir). Ces machines ont disparu avec l'avènement des électroérosions à fil.

En plus d'être capables de limer, elles peuvent aussi scier en remplaçant les limes par des lames de scie. On dispose alors d'une scie à ruban verticale alternative. Certainement pas très rapide, mais pouvant rendre service. Les accessoires nécessaires sont ici absents, il faudra les fabriquer. Il manque le bras supportant le guide lame supérieur, et les deux guides à galets. Logique : elle était utilisée pour de matrices, et seulement pour des matrices.

Voir ici : http://bbs.homeshopmachinist.net/threads/19499-filing-machine-used-for-sawing :


sous la table : l'emplacement pour le guide lame inférieur (alésage fendu avec vis à tête carrée)

Comme indiqué plus haut, les machines à limer éaient utilisées pour créer des angles de dépouille. Par conséquent, la table est inclinable selon deux axes ; elle est de plus réglable en hauteur (petit volant à droite, voir plus haut).

Sur la table, la pièce est retenue par deux bras réglables. Ils l'empêchent de suivre la lime lors de sa remontée. Il semble que la lime qui est dessus soit "active" dans les deux sens. Ces limes spéciales sont a priori difficiles voire impossibles à se procurer, mais rien n'empêche d'adapter des limes classiques "à main", moyennant une perte d'efficacité de 50%.

Un doigt fixé à un arceau pousse la pièce contre la lime. Cet arceau est tiré par un contrepoids relié par deux chaînes à vélo. L'axe des poulies sur lesquelles passent les chaînes est orientable de façon à s'adapter à l'inclinaison de la table.

Ce moteur est une adaptation. Cette machine était conçue à l'origine pour être entraînée par un arbre et une longue courroie "pendue au plafond". La grande poulie comporte un embrayage.

Comme on peut le voir, le système de tension de courroie qui a été réalisé est simple, mais pas très pratique ! Ce sera à revoir.

En appuyant sur la pédale, on embraye le mouvement.

En passant le pied entre les deux pédales, celle du dessus se soulève et bloque celle du bas. Il n'est pas nécessaire d'appuyer en permanence.

Pour arrêter la machine, il suffit ensuite d'appuyer sur la pédale du haut pour libérer celle du bas et relâcher l'embrayage. Simple et efficace.

A gauche, un grand volant qui tourne avec la poulie étagée. Il y a également un tambour gradué. C'est le réglage de la course de la lime.

Le mécanisme, très simple et très ingénieux, est cahé derrière cette petite porte :

Le volant entraîne le petit pignon qu'on voit au centre (axe coaxial à celui de la poulie). En faisant tourner le volant, on actionne un secteur denté. Ce secteur denté est en fait une manivelle avec son maneton. En se déplaçant, le secteur denté éloigne ou rapproche le maneton de l'axe de rotation, ce qui augmente ou réduit la course de la bielle.

Cette machine, comme indiqué plus haut, est parfaitement fonctionnelle. Elle a cependant quelques petits problèmes :

En résumé, une machine de plus. Sans doute pas celle qui sera la plus utilisée, mais elle est jolie, ne prend pas beaucoup de place, et il aurait été dommage de la voir partir chez le ferrailleur.

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Validation W3C Unicorn le : 16 juillet 2013
page ajoutée le 4 mars 2013
dernière révision le 4 mars 2013